Google vs Deliveroo : quelle plateforme rapporte vraiment en 2026 ?
Google vs Deliveroo : ce que la plupart des restaurateurs ne calculent jamais vraiment
Quand un restaurateur me demande s'il doit rester sur Deliveroo ou miser sur Google, je réponds toujours la même chose : ça dépend de ce que vous vendez, où vous êtes, et surtout de ce que vous gardez en poche. Parce que générer du volume, c'est bien. Mais générer de la marge, c'est mieux. En 2026, les deux plateformes ont leurs forces — et leurs angles morts. Voici comment les lire à tête reposée.
Ce que Deliveroo vous apporte (et ce qu'il vous coûte)
Deliveroo reste l'une des plateformes de livraison les plus implantées en France, notamment dans les grandes agglomérations. Son modèle est simple à comprendre : vous payez une commission sur chaque commande, la plateforme amène le client, gère la logistique et assure la visibilité dans son application.
La commission, le nerf de la guerre
Les commissions Deliveroo oscillent généralement entre 25 et 35 % du montant de la commande selon votre contrat et votre zone géographique. Sur un plat à 15 €, c'est entre 3,75 € et 5,25 € qui partent avant même que vous ayez payé vos ingrédients. Ajoutez les emballages, le coût de la main-d'œuvre dédiée au conditionnement, et la marge réelle sur une commande livrée peut descendre très bas — parfois sous les 10 %.
Cela ne veut pas dire que Deliveroo est mauvais. Ça veut dire qu'il faut construire une offre spécifique pour la livraison, avec des recettes adaptées, des prix ajustés, et un ticket moyen suffisamment élevé pour que l'équation tienne.
Ce que Deliveroo fait mieux que tout le monde
La force de Deliveroo, c'est l'intention d'achat immédiate. Quelqu'un ouvre l'application parce qu'il a faim maintenant. Il ne compare pas vraiment, il filtre par cuisine, regarde les photos, clique. Si votre fiche est bien optimisée — belles visuelles, description courte et appétissante, note supérieure à 4,5 — vous captez cette intention sans effort de votre côté.
Pour les restaurants qui n'ont pas encore de site, pas de Google Business Profile soigné, et pas de base client fidèle, Deliveroo apporte une clientèle réelle, même si elle est coûteuse à acquérir.
Ce que Google vous apporte (et ce qu'il vous demande)
Google, c'est une autre mécanique. Personne ne va sur Google pour passer une commande en ligne dans l'immédiat — du moins, pas encore systématiquement. On va sur Google pour chercher un restaurant, lire les avis, vérifier les horaires, regarder le menu. C'est la phase de décision, pas la phase d'achat impulsif.
Google Business Profile : la base que beaucoup négligent
Un profil Google Business Profile bien tenu, c'est de la visibilité gratuite sur les recherches locales. Quand quelqu'un tape « restaurant italien Lyon 6 » ou « meilleur sushi près de moi », c'est votre fiche qui apparaît — ou pas. Les restaurants qui ont des photos récentes, des horaires à jour, des réponses aux avis et un menu lisible captent entre deux et trois fois plus de clics que les fiches négligées. Ce n'est pas une promesse marketing, c'est de la logique de référencement local.
Google et la commande en ligne : le couplage qui change tout
Depuis que Google permet d'intégrer des boutons de commande directement sur la fiche établissement, le parcours client a évolué. Un client cherche votre restaurant, tombe sur votre fiche, et peut commander sans quitter Google — via votre propre système de commande en ligne si vous en avez un, ou via une plateforme partenaire.
Là réside la vraie différence avec Deliveroo : si vous redirigez vers votre propre solution de commande, vous ne payez pas de commission sur la vente. Vous avez aussi accès aux données client, ce que Deliveroo ne vous donne pas.
Comparer les marges : un calcul que trop peu font
Voici comment je suggère de penser le problème, concrètement.
Prenez 100 commandes passées sur Deliveroo. Calculez ce que vous avez encaissé net après commissions, emballages et éventuels gestes commerciaux imposés par la plateforme lors de promotions. Comparez avec 100 commandes passées via votre propre canal — votre site, votre QR code menu, votre système de click-and-collect.
La différence de marge entre les deux canaux est souvent entre 15 et 25 points de pourcentage. Sur un chiffre d'affaires livraison de 10 000 € par mois, ça représente entre 1 500 € et 2 500 € de marge supplémentaire si vous basculez une partie des commandes sur votre canal propre.
Le problème, c'est que votre canal propre ne génère pas de trafic tout seul. C'est là qu'intervient le travail sur Google, les réseaux sociaux, et les outils comme les menus QR qui redirigent vers votre commande directe.
La question du type de restaurant
Tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne face à ces deux plateformes.
Les restaurants de quartier avec une clientèle locale fidèle ont tout à gagner à investir dans leur présence Google et dans un outil de commande en ligne en propre. Leurs clients les connaissent déjà, ils n'ont pas besoin d'être « découverts » via une marketplace.
Les dark kitchens et les concepts 100 % livraison ont souvent besoin de Deliveroo pour exister, au moins dans les premières années. La plateforme apporte le flux. Mais dès que le volume est là, construire un canal direct devient rentable.
Les restaurants gastronomiques ou semi-gastronomiques tirent généralement peu de valeur de Deliveroo — la livraison dégrade l'expérience et la marge. Pour eux, Google est stratégique pour la réservation, la découverte et la réputation. La commande en ligne, si elle existe, sera plutôt orientée vente à emporter sur des créneaux spécifiques.
Ce que j'observe dans les tendances 2026
Plusieurs signaux sont intéressants à noter cette année.
Premièrement, les plateformes de livraison durcissent leurs exigences de qualité photo et de réactivité. Un restaurant avec des visuels médiocres est de plus en plus pénalisé dans les algorithmes de recommandation. C'est là qu'un outil comme un menu 3D ou des visuels augmentés commencent à faire la différence, même sur des plateformes tierces.
Deuxièmement, Google intègre de plus en plus de fonctionnalités transactionnelles dans ses fiches locales. La frontière entre « moteur de recherche » et « plateforme de commande » s'amincit. Les restaurateurs qui ont une fiche Google optimisée et un système de commande en ligne compatible s'y retrouvent mieux que ceux qui attendent.
Troisièmement, les clients comparent davantage. Ils ouvrent Deliveroo, voient votre restaurant, puis cherchent votre nom sur Google avant de commander. Si votre présence Google est pauvre ou inexistante, vous perdez des conversions que Deliveroo vous avait pourtant amenées.
Voilà ce que je ferais à votre place
Je ne choisirais pas entre Google et Deliveroo — je les utiliserais avec des objectifs différents. Deliveroo pour capter de nouveaux clients dans un rayon géographique précis, en acceptant que cette acquisition a un coût. Google pour convertir les gens qui me cherchent déjà, et pour construire une réputation durable qui travaille même quand je dors.
Et progressivement, je réallouerais une partie de l'énergie dépensée à optimiser ma fiche Deliveroo vers la construction d'un canal direct : un menu QR qui renvoie vers ma commande en ligne, un programme de fidélité simple, des photos de qualité suffisantes pour que mon site et ma fiche Google donnent envie avant même que le client clique sur « commander ».
La plateforme qui rapporte le plus, c'est souvent celle sur laquelle vous avez le plus de contrôle. Deliveroo vous loue de la visibilité. Google, bien travaillé, vous en donne une partie en propre.
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